OMA-Outre mer art contemporain par D. Morille

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OMA-Outre mer art contemporain par D. Morille
© François-Louis Athenas"Bois-blanc", 2009
© J. Beng-Thi "Autoportrait, L'I.G.M. de B", 2001
© R. Medelice "Sympathy for the devil", 2005
©Y. Queland de Saint Pern"Rueil-Malmaison/l'escalier", 2008
© C. Phibel "D'ici, d'ailleurs et de l'éternité", 2011
© Mirto "Prometheum", 2008
L'exposition OMA organisée à l'Orangerie du Luxembourg du 10 juin au 08 juillet 2011 a réuni des artistes de la Caraïbe et de l'Océan Indien. Dominique Morille rend compte, à travers cette lettre fictive envoyée à un ami en Afrique, de sa déambulation artistique dans les jardins du Luxembourg. L’exposition OMA, sous le commissariat de Tran Arnault est l’occasion d’exprimer simplement un point de vue sur ce manifeste de l’art contemporain dans la Caraïbe et l’Océan Indien, alors que la Métropole célèbre cette année, 2011, l’Outre-Mer.

Bonjour Amadou,

Je sais ton exil dans le pays de ta naissance, de tes aïeux et des anciens. Je sais cette impossibilité de venir me rejoindre dans cette ville, mégalopole cosmopolite. Je sais ta lucidité et ta souffrance devant la cécité de tes frères embarqués dans des masures flottantes, prometteuses d'espoir au goût très vite amer des flots, cette mer devenue tombeau d'une vie de misère ultimement brassée au fond d'un océan sans histoire et de l'histoire qui se répète.

Je pensais à toi à l'orangerie du Sénat, à ta clairvoyance, en déambulant dans les allées fabriquées pour OMA, l'exposition Outre Mer Art Contemporain.

Félicitons chacun des artistes pour leur travail. Il faut rendre hommage à la fondation Clément, organisatrice de cette exposition, à sa commissaire Tran Arnault et au sénat. Cela va sans dire, va mieux en le disant mais ne va pas de soi. Remercions les de nous avoir offert la possibilité de découvrir une proposition de l'art contemporain dans sa dimension ultramarine. Mais, il y a là une gageure dont il est difficile d'éviter les écueils.

Que faut-il en transmettre ? Quel critique honnête ?

Spectateur émotif, sensible, critique d'art sans autre légitimité que celle que je m'autorise ici, je te livre cet écrit pour te dire mon impression.

Cette visite ne m'a pas bouleversé dans un premier temps. Elle laisse le sentiment d'une histoire mémorielle, avec mémorial, pas toujours dépassée et invite à une sorte d'errance blasée avec un arrière goût de nausée. Il y a d'abord les allées et venues le jour du vernissage. Ambiance polie, détendue, de peaux bronzées, reposées ou tirées à quatre épingles d'origines ethniques ou balnéaires. Nos déplacement vernissés sont guidés, orientés ou désorientés, dans un parcours labyrinthique de hautes toiles blanches tendues entre les murs d'une battisse si rectangulaire! Invitation à la transformation pour un parcours d'enfermement? On aime ou on déteste. OMA rimerait-il avec trauma? Pourtant un désir d'ouverture ne s'affirme-t-il pas dans cette mise en scène s'exprimant aussi par l'exposition de trois œuvres dès l'abord de l'orangerie, dans les jardins du Luxembourg?

Politesses, canapés et verres entrechoqués. Quelques jours plus tard, une seconde visite s'impose pour tenter de comprendre, d'apprendre des questions éveillées par le vernissage.

Amadou, pensons l'art - avec le recul de la réflexion et ces deux déplacements à OMA - comme l'expression de soi par le dépassement de soi et quand nous entendons parler de la monstration, ce mot entrant dans l'art avec la post-modernité, nous comprenons mieux ce malaise qui va de l'estomac à la bouche.

OMA montre, au détour de ces allées blanches et fabriquées, des œuvres devenues emblèmes de cette monstration postmoderne et esthétique mais qui s'enterrent dans le passé.
Et pourtant! OMA montre aussi quelque chose de plus universel, quelque chose de l'artiste en résilience avec l'histoire, la sienne peut-être, mais surtout celle de l'artiste porte flamme d'une histoire plus vaste, celle d'un peuple qui est debout, fort de son passé transformé en proposition.

Retenons pour toi Amadou quatre artistes permettant le plaisir d'un voyage delà des frontières, au cœur d'une histoire capable de transporter colère, promesse, espoir par l'esthétique des sens, des émotions taillées au burin, au couteau, affinées pour une dimension artistique et existentielle optimiste et rebelle.

Ils sont Raymond Médélice, le peintre de Martinique, Yohann Quéland de Saint-Pern, un vidéaste de La Réunion, Cynthia Phibel de Guadeloupe, avec son installation et le photographe de Guyane, Mirto Linquet.

Raymond Médélice le plus âgé de ces quatre artistes permet l'arrêt convoité par nos esprits sensibles quand nous nous déplaçons au cœur d'un musée, à la recherche d'émotions. Émotion magique appartenant à l'inconscient du visiteur transporté vers la toile, accroché par un travail, une démarche exposée (1) à la vindicte ou à une sorte de lente et douce sidération. La possibilité imaginative est ici stimulée sans concession. On se met à rêver d'une exposition « De Picasso à Médélice en passant par cocteau, synthèse d'une complexité » où l'on espère pouvoir laisser plonger son être. Colère, espoir, morts, horreurs, résurrection, misèrescolère au cœur des possibles aurait peut-être écrit le marqueur de paroles?

La colère justement est au cœur de l'œuvre de Yohan Quéland de Saint-Pern. Il part du mythe de Sisyphe pour rythmer une des deux vidéo proposées. Il faut rester là à écouter, se laisser prendre par l'image et le son, l'aller et venu des battement d'une planchette qui claque et gronde sans que nous l'ayons soupçonnée. Quand tu traverse cette salle tu restes ou tu passes! Tu passes et tu fuis sans savoir vraiment à quelle vérité tu veux échapper et tu te dis « Je n'y comprends rien, qu'a-t-il voulu dire? ». Mais tu passes aussi et reviens comme happé par une obsession: Le rythme, le mouvement, l'autre film en face, l'homme au casque ?
Non ! Par la colère qui sourde, qui est là de plus en plus silencieuse dans le rythme et de plus en plus forte dans l'enchainement des mouvements. Un escalier à Rueil-Malmaison, un homme capuche en jeans basket, la planche monte et frappe les marches, tir au but sans but, le rocher de la légende qui roule, le bruit sourd et décibelique d'un avion; c'est l'annonce de la fin... et de la récurrence d'un mouvement. Sans cette colère si chère à Césaire, où puiser et transformer l'histoire d'outre mer ?

Césaire a-il inspiré Cynthia Phibel? Il n'y a pas de colère dans son œuvre mais une ouverture d'esprit enracinée dans l'histoire des Antilles. L'horizon n'est pas filmé alors qu'il hante le lieu de l'installation. Une coque, cocon, fait face au vagues s'allongeant sur un bord de plage et le spectateur, porté par une musique mélodieuse, est bercé, invité au laisser aller d'une mélopée intérieure curieusement harmonieuse. Du ventre de la mère au ventre de la mer, l'histoire de Gorée, la maison des esclaves plusieurs fois visitée, apparaît là ou personne ne l'attends. Dans le confort d'une pause sur transat fœtal nous découvrons enfin l'émotion de ce voyage sans retour, tant raconté dans le cachot de l'ile sénégalaise mais jamais réellement vécue sous le joug d'une invitation forcée par le Joseph gardien d'une histoire transformée en mythe. L'idée de résilience d'un peuple à travers l'expression artistique prend forme à travers cette œuvre. D'une esthétique simple et juste, elle fait résistance à la post-modernité dans laquelle elle s'inscrit pourtant pleinement. L'œuvre devient belle par le voyage intérieur de celui qui s'en approche et s'y laisse prendre. C'est de ce voyage qu'est possible celui plus vaste par lequel on entrevoit l'horizon à construire, par un mouvement de l'esprit face à l'image d'une caméra fixe. Mouvement des vagues, mélodie de femme, émotion de l'enfance entre conscience et inconscience, secret d'une mer où se mêle passé et avenir, invitent à la méditation, au repos pour envisager demain.

Demain et deux mains sur un visage offert c'est ce que pourrait inspiré Mirto Linquet. Il y a dans ces quatre portraits une dimension voisine de l'éthique proposée par Lévinas(2) quand il parle du visage et de la responsabilité jusqu'au dépassement de soi. Chacun des modèles devient un paysage à parcourir, à caresser peut être, à visiter certainement. Il devient difficile de parler de l'œuvre proposé au regard du spectateur, tant elle éveille le plus intime de l'émotion. La pause s'impose devant ce travail où le cadre serré invite à l'essentiel. Il n'y a alors pas de retour possible sur le passé. Il y a la responsabilité de celui qui regarde cet autre différent, à découvrir et à aimer.

Amadou te souvient tu du renard avec son essentiel qui n'est pas visible avec les yeux? A OMA, aux détours du parcours, d'un univers à l'autre, il faut se laisser aller pour s'approcher de cette maxime.

Je te laisse. Bonjours à Mariam. Au fait j'ai eu Djibril sur skype. Il passe dimanche à BAMAKO.

Rosalie ROSALIHO R. ROSALIHA

(1) "D'une part, l'obstination à compulser les archives de presse qui lui servent de réservoir d'images" in catalogue OMA-Outre-Mer art contemporain à l'orangerie du Sénat,TTM Editions/ Beaux-arts Editions, 2011.
(2) Emmanuel LEVINAS, Éthique et infini, Fayard/France culture, le livre de poche, chapitre 7 et Emmanuel LEVINAS, Totalité et infini, le livre de poche.

Remerciements :
Images : Cynthia Phibel http://cynthia.phibel.free.fr

Publié par: 
D. Morille
27 Juillet, 2011