"SYNCHRONICITY I" Analyse de Dagara Dakin

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Jah soldier, Doors series©calvin Dondo,
la plage, Kraftwerk-Cotonou©Nkrumah L. Daku, 2009
Beyond P©Steeve Bauras, 2009
Swimming pool III, tracks séries© François-Xavier Gbré, Bamako 2009.
TN1520, Ny amy aminay©Malala Andrialavidrazana, 2011. courtesy galerie baudoin lebon
Sans titre©Hakintola Hanif, 2010.
Redefining the Power (Shunnuz Fiel) - série 75,©Kiluanji Kia henda, 2011
On ne peut pas dire, après avoir vu l'exposition Synchonicity, que le collectif de commissaires d'exposition « on the roof » ait échoué dans son souhait de faire découvrir des « artistes originaires du continent africain et de sa diaspora, actifs en Afrique et sur la scène artistique internationale mais peu connus voire jamais montrés à Paris. ».

Bien évidemment certains travaux sortent plus facilement du lot que d'autres. Mais cela était inévitable d'autant que non content de faire le choix d'une exposition de groupe le collectif fait se rencontrer dans un même espace des personnalités établies et d'autres plus jeunes qui font là l'expérience d'une première exposition en galerie.

L’évènement qui se tient actuellement à la galerie baudouin lebon, s'inscrit dans le cadre de la 3ème biennale des images du monde à l'initiative du musée du quai Branly. Elle présente au total les travaux de 12 photographes et d'une vidéaste. Ces 13 artistes inaugurent donc le nouvel espace dans lequel la galerie baudouin lebon vient de s'installer.

Cela fait beaucoup d'artistes, ce qui entraîne nécessairement un certain nombre de compromis. Pourtant le collectif réussit à tirer son épingle du jeu. Le tout est disposé de tel sorte que l'on n'a pas forcément conscience de la présence d'autant d'auteurs.

 

Autour de James Barnor

Du point de vue de la scénographie, l'exposition s'articule autour de la figure majeure du photographe ghanéen James Barnor. Les quatre portraits présentés ici sont issus d'un ensemble présenté à Londres, où il a connu un véritable succès, l'année dernière à la Rivingthon place. Nous ne nous attarderons cependant pas ici sur ce travail qui fera l'objet d'un article à venir.

Toutefois, c'est autour de l'oeuvre de Barnor que l'ensemble trouve son équilibre. Le choix de cet artiste par les organisateurs et la place qu'ils lui donnent dans l'exposition permet de créer un aller retour entre l'Afrique et l'Europe. Aller-retour qu'illustre assez bien la diversité des liens, proches, lointains ou historiques, qu'entretient chacun des artistes exposés avec l'Afrique.

Sur le plan thématique se mêlent portraits, captation d'ambiance et démarches engagées qui interrogent les conditions sociales ou une histoire passée ou récente. Les propos sont donc multiples, ce qui ne facilite pas la lecture de l'ensemble mais met en exergue la variété des thèmes que les organisateurs souhaitaient aborder.

Le titre lui tend cependant à nous indiquer que ce dont il est avant tout question ici c'est de l'individu, de son rapport à l'histoire et de la vie urbaine contemporaine aux quatre coins du monde.

 

Citadine solitude

Dans sa série intitulée Doors, Calvin Dondo capture les silhouettes des habitants de Harare vues au travers de la porte vitrée de son studio, tandis que de part leur situation dans la galerie ses images ne sont visibles qu'au travers des vitres. Cette emplacement de l'oeuvre, comme en écho à la démarche du photographe, instaure une mise en abime, certes quelque peu appuyée. Ce qui n'empêchera pas ceux qui connaissent la production du photographe zimbawéen d'être un peu déçus par les travaux ici présentés. Cette disposition qui vient surimposer un effet sur ses images n'y change rien. Il est toutefois intelligent d'avoir placé ces photographies à l'entrée de la galerie.

Si Calvin Dondo observe ses concitoyens à travers la vitre de son studio, et les réduit à de simple silhouettes colorées, le photographe Abraham Oghobase, quant à lui se prend pour modèle pour interroger sa place en tant qu’individu dans la métropole nigériane de Lagos. Sa très lyrique et introspective série de mise en scène intitulée Ecstatics n'est pas sans évoquer l'imagerie d'un Denis Darzacq, pour ne citer que ce dernier. À vrai dire, ces temps-ci, ils sont pléthores les artistes qui défient les lois de la pesanteur dans leurs sujets. C'est à un tel point que l'on serait tenté de croire que la dureté de notre époque invite, à la façon d'un Milan Kundéra, à nous souvenir de l'insoutenable légèreté de nos êtres.

Abraham Oghobase, lui voue une certaine prédilection pour l'introspection mise en image, que ce soit en vidéo ou comme ici en photographie. Sur ses autoportraits aux couleurs acidulées et d'un genre assez particulier, on le voit saisi, comme figé en plein vol sur le toit d'un bus, un peu comme fauché en plein rêve.

De la mélancolie émane de ce travail qui, bien que représentant le photographe en apesanteur, renvoie à l'idée d'une certaine difficulté à prendre de l'altitude dans nos cités modernes.

Malala Andrialavidrazana avec la série Ny Any Aminay explore les intérieurs malgaches et en restitue avec acuité la poésie. On apprécie l'importance soudaine que prennent certains objets, certains détails. De l'ensemble émane un sentiment de nostalgie pour des instants que nous n'avons pas vécus. On songe alors aux impressions que l'on a pu expérimenter au travers de la photographie des films du cinéaste Wong Kar Waï avant son arrivée à Hollywood, à la période de « Nos années sauvages ». C'est du temps qui s'écoule et dont on prend la mesure dans ces intérieurs photographiés à une heure que l'on suppose propice à la sieste ou tout au moins à la lenteur.

De la série Kraftwerk made in Cotonou de Nkrumah qui selon le collectif « évoque avec nostalgie et esthétisme son retour à Cotonou et ses racines togolaises », on aimerait en voir plus. Les trois photographies exposées ne permettent pas de se faire une idée assez claire de l'ensemble. Certaines séries sont ainsi faite, difficile à appréhender lorsqu'elles sont morcelées. L'ensemble sera présenté à Bamako en novembre de cette année. Une occasion, peut-être, de se faire une idée plus juste du travail de ce jeune photographe.

Les travaux en noir et blanc du martiniquais Steeve Bauras, sont quant à eux présentés dans un meuble à grands tiroirs dans lequel les galeristes entreposent habituellement les images. Leur présentation originale peut toutefois être contre productive si le visiteur - qui n'est pas habitué à ce qu'on l'autorise à manipuler des objets dans les espaces d'exposition d'oeuvres d'art - passe à côté. Elles auraient mérité une meilleure mise en valeur. Ce d'autant que l'on sait l'importance que revêt pour l'artiste le dispositif qui permet de présenter son travail. Chez lui se combinent souvent photographie et installation.

 

Les vertiges de l'histoire

Le dispositif permettant de mettre en valeur les images produites tient également une place importante dans l'appréhension de la série Tracks de François-Xavier Gbré. Dans cette dernière, le photographe réinterroge les vestiges architecturaux de l'histoire notamment post-coloniale.

Du travail de longue haleine entrepris par l'artiste, seule deux grandes photographies en ont été extraites pour être présentées à la galerie baudouin lebon. Née, selon les dires de l'artiste, d'une envie d’évoquer l’homme, sa mémoire et son histoire, à travers l’architecture, ceux qui souhaiteraient en voir plus devront se rendre aux Rencontres Africaines de la photographie de Bamako en novembre de cette année 2011.

Les deux images exposées sont présentées sur châssis affleurant ce qui en fait des objets en soi. Le choix de l'encadrement n'est pas le fait du hasard et cela se voit. Le photographe tenait de la sorte à donner visuellement du poids - au sens propre comme au figuré - à ses images, matérialiser la charge ou portée historique des sujets photographiés. Il se produit alors un effet de contraste entre le cadre massif et le caractère volatile des éléments fixés. Le plongeoir en béton armé de la piscine de Bamako prise en contre plongée s'envole et devient méconnaissable, pure forme géométrique. On croirait une oeuvre constructiviste, ce qui est d'autant plus symboliquement parlant lorsque l'on sait qu'il est l'oeuvre de la coopération russe et malienne après les indépendances. Le regardeur perd ses repères sensoriels sur la dernière image proposé par François-Xavier Gbré. La raison en est la contradiction des impressions visuelles que procure les murs délabrés - de ce qu'on suppose être un intérieur - figés en suspension dans le châssis affleurant. Ainsi présentés, les sujets apparaissent un peu comme ces insectes fossiles saisis pour l'éternité dans l'ambre ou une quelconque autre matière minérale.

Il est encore question de mémoire avec Chrysanthèmes, titre donné par la photographe algérienne Amina Menia à la série qu'elle présente sous la forme d'un diaporama. Elle y répertorie les monuments aux martyrs et les stèles politiques laissées en désuétude dans des espaces publics en Algérie. La prise de vue emprunte au style dit documentaire sensé induire une forme de neutralité, mais le choix du sujet et les différents éléments qui le composent sont là pour parler à la place de l'auteur. Dire, sans en avoir l'air, en somme ?

De l'oeuvre de Kiluanji Kia Henda, on ne perçoit qu'une grande photographie qui donne nécessairement envie d'en voir plus. D'autant qu'il s'agit d'une manière assez particulière de revisiter des monuments qui font désormais partis du patrimoine du passé colonial portugais de Luanda, la capitale angolaise. L'artiste se les réapproprie dans un jeu de mimétisme ludique qui oblige à voir d'un oeil nouveau ces éléments.

Sur l'unique photographie, un personnage se présente, dans une posture très théâtrale, juché sur le sommet d'un monument public et semble déclamer un texte en direction d'un auditoire absent ou imaginaire que serait la ville ou les citoyens qui y vivent.

Dans un autre registre, la série de photographies noir et blanc de Em’Kal, intitulée Rios dos Camaroes, documente une performance qui selon les organisateurs « manipulent les symboles du passé colonial ». Cependant le message n'est pas évident à saisir. Cette oeuvre aurait mérité un texte explicatif. D'autant qu'il y est question d'histoire et que les lieux où l'artiste camerounais a choisi de réaliser sa performance photographiée sont déterminants dans la compréhension du propos. Le public lui n'est pas nécessairement au fait de l'histoire revisitée dans ces images.

Il est aussi question de performance dans l'oeuvre de Grace Ndiritu mais elle a choisi la vidéo comme médium. Ironiquement intitulée To Africanize is to Civilize, l'artiste s'y présente de profile faisant mime de prendre une tasse de thé, avec le petit doigt en l'air, le tout au ralenti sur une bande son d'une musique que l'on suppose kenyane. On serait tenté de s'écrier : « So british ! ». Mais l'artiste par son jeu de mimétisme et d'inversion, se réapproprie la tradition anglaise de l'heure du thé. Retour à l'envoyeur donc.

Loin de ses démarches ayant pour trait commun l'histoire ou la mémoire l'américain Akintola Hanif, lui documente avec les séries « Black Hiroshima » et « Blue and Grey » la marginalisation d’une certaine population afro-américaine dans le New Jersey aujourd’hui. Sa présence dans cette exposition ouvre sur un autre thème que ceux de la relecture de l'histoire ou de l'approche essentiellement esthétique qui est commun aux autres artistes.

La présence des portraits de Akintola Hanif dans cette exposition peut donc laisser le spectateur perplexe. Mais cette dernière s'explique par la volonté des organisateurs de mettre des visages humains dans cette exposition. Leur choix se porte donc sur des portraits de marginaux. On est alors tenté de se demander si ceux-ci sont l'expression de la dureté de la vie citadine ?

Synchronicity, serait dès lors l'expression d'un certain nombre de questions que soulève l'urbanisation à outrance de nos sociétés contemporaines.

Mais au-delà, il faut certainement prendre la présence de l'oeuvre de Akintola Hanif comme l'expression du souhait du collectif « on the roof » d'aborder un certain nombre de questions qui leur importe dans cette exposition. De l'ensemble on sent l'envie de dire ou de partager beaucoup de choses, un peu trop peut-être. Mais cette exposition est, ne l'oublions pas - si on excepte les projections que le collectif avait organisé jusqu'ici - une première.

Dagara Dakin

 

L'exposition Synchronicity est à voir du 30 septembre au 19 novembre 2011.

La galerie baudouin lebon, 8 rue Charles-François Dupuis 75003 Paris

du mardi au samedi, 11h-19h.

Publié par: 
Dagara Dakin
31 Octobre, 2011